PORTE DE L'ENFER VS PORTE DU PARADIS
La route de ce mercredi 21 novembre nous offre encore ce spectacle des écoliers et écolières marchants en bordure de la route et se rassemblant en groupes et rangs bien alignés dans les cours d'école. Scène colorée dont on se lasse jamais à observer.
Près de quatre cents kilomètres pour rejoindre Benares, la plus importante des huit villes saintes de l'Inde. Mieux connue sous le nom de Varanasi, les familles des personnes décédées, parfois depuis plusieurs mois, viennent ici avec la dépouille afin de lui rendre un dernier hommage en brûlant son corps sur un bûcher érigé sur le bord du grand fleuve sacré, le Gange. Cette purification du corps par le feu permet de libérer l'esprit de ce corps et ainsi mettre fin au cycle de réincarnation et accéder directement au Nirvana. Les cendres résiduelles et les parties de membres qui n'ont pas été totalement consummées sont ensuite offertes au fleuve sacré. Fleuve sacré où il peut dériver à l'occasion le corps d'une vache, d'un Sadu ou d'un enfant qui, eux, n'ont pas besoin d'être purifiés par le feu car déjà sacrés et purs.
Difficile à comprendre pour nous mais imposant le même respect que nous souhaitons conserver pour nos rituels funéraires.
Le rituel décrit se déroule régulièrement sur les ghats de Varanasi. Par ailleurs certaines pratiques du passé ont été abolies. Le Sati, sacrifice de la vie de l'épouse du dèfunt, qui se jete vivante dans le bûcher de son homme à été aboli depuis 1963. Pour y parvenir il a fallu exclure les femmes de la proximité de la crèmation car même si l'épouse souhaitait respecter l'interdit, la famille du défunt la projetait dans le brasier.
Époque révolue. Nous voyons des panneaux invitant les femmes à dénoncer la violence qui peut malheureusement leur être faite.
Mais avant d'accéder à cet univers de visu il nous faut traverser une zone de montagne où il n'y a pas vraiement de route. Uns sentier de terre et de grosse roche sur les bords de falaises vertigineuses. Des trous profonds comme les trucks qui y circulent. Franchir un barrage de pneus de camions érigé par un groupe de jeunes qui ne semble pas trop officielle. Ils entourent la voiture dont nous laissons les portières verouillées alors qu'ils gesticulent à nos fenêtres, réclamant par gestes des cigarettes, des stylos, n'importe quoi qui nous ferrait ouvrir la fenêtre. Êtes-vous fous? Jamais en cent ans! Le chauffeur leur jase d'un ton ferme en laissant glisser quelques billets par sa fenêtre entre ouverte.
Sesame ouvre toi! Deux pneus roulent lentement vers les côtés, nous laissant la voie libre. Route chargée d'émotions que je fixe sur mon clavier, d'un doigt hésitant sur cette route de l'enfer. Et je chante: " je partirai à l'aventure avec mon bagage de courage. Lalalalere. Je m'enfouirai dans la nature au limite d'un grand naufrage. Taratata. Il n'y aura jamais de montagnes qui oseraient défier mon chemin. Youpi youpié yaya."
Les montagnes sont franchis. Soupir de satisfaction bien bref. Le temps que la noirceur tombe alors qu'il reste encore soixante quatorze kilomètres à parcourir. Plus de trois heures de Temps sur des routes sans aucun éclairage. Encore bondées de cyclistes, de charrettes, de motos sans lumière alors que nous croissons et dépassons des mastodontes équipés de phares assez puissants pour nous donner un coup de soleil. "...je reviendrai pour vous chercher". Le souhaitez vous vraiment.
Une fois de plus, tous en chœur ..."je reviendrai..."
Cela ferra près de douze heures que nous sommes sur la route lorsque nous arrivons à destination. Le chauffeur qui a assurément profité de la protection de Ganesh et de quelques autre Dieux pour réussir à nous conduire à bon port sans avarie. Nous les remercions tous pour lui et offrons à ces Dieux l'assistance de St-Christophe quand bon leur semblera.
Mais, car il y toujours un mais avec moi. Varanasi n'est pas la petite ville avec sa promenade peinarde sur le bord du Ganges. C'est une ville de l'Inde, bordélique , chaotique , à la circulation infernale. Pas de signalisation. Notre chauffeur qui connaît bien la place tourne en ronds dans un concert de Klaxons et d'indications contradictoires fournis par les chauffeurs de RickShaw.
Vingt et une trente, nous sommes au restaurant de notre hôtel surplombant le ghat et la rivière. Sain et sauf.
De quoi sera fait demain?
Robert et Pauline
Envoyé du Ipod de Pauline
Je lisais votre récit et heureusement que je n'avais pas un œuf entre les deux fesses...LOL
RépondreSupprimerPar moment j'avais des serrements qui n'ont sans doute rien à voir avec ceux que vous deviez avoir.
Prenez le temps de relaxer un petit peu et la prochaine fois, choisi la route de l'Eden.